Une maison intelligente pour quoi faire ?

Les technologies de l’information et de la communication au service de l’habiter : enjeux éthiques de l’innovation

Co-dirigé par :

Hassan AIT HADDOU, Maître de conferences en Sciences et Techniques pour l'Architecture, HDR en informatique, PhD en mathématiques.
Alain CHANTE, Professeur en Sciences de l’information et de la communication

Coordination du numéro :

Lambert DOUSSON, Maître de conferences, agrégé et docteur en philosophie
Laurent VIALA, Maître de conferences, urbaniste et docteur en géographie

 

Problématique 

La « maison intelligente », l’espace architectural « connecté », l’« habiter » « augmenté », nourrissent de nombreux espoirs, tout autant qu’ils alimentent de nombreuses angoisses. Rêve d’un lieu de vie qui obéirait au doigt et à l’oeil (et à la parole) de son habitant, ou nouvelle aliénation, nouvelles addictions aux objets connectés ? L’Internet of things (IOT) connecte-t-il les personnes aux marques afin que les marques répondent aux besoins des personnes, ou pour que les personnes se plient aux besoins des marques ? Nouvelles libertés ou Big Brother 3.0 ?

Loin de chercher à écarter d’un revers de main la charge d’imaginaire (parfois fantasmatique) que cristallise la maison dite « intelligente », cette publication voudrait s’en ressaisir et en faire le motif d’une problématisation, d’un questionnement théorique pluri- et transdisciplinaire, mettant au coeur de l’interrogation la pensée et la pratique architecturales en tant qu’elles sont productrices de sens. En posant la question « une maison intelligente pour quoi faire ? », c’est, au-delà de la mise en oeuvre des technologies numériques « au service » de l’habiter (le « comment »), la question de la finalité (le « pour quoi ») et celle du sens (la valeur, le « pourquoi ») qui sont également posées.

La nouvelle intelligence des villes, réside dans la combinaison du numérique, de la transformation de la connaissance entre les membres du groupe et les compétences cognitives de la société. Quels sont donc les éléments qui influent sur le changement d'état de la connaissance et sur les variables dont dépend cette transformation en tenant compte de la contribution de chaque membre du réseau de connaissances dans un environnement totalement connecté?

Cet imaginaire technologique a bien entendu peuplé de nombreuses fictions d’anticipation, utopiques comme dystopiques, et c’est alors la question de la représentation qui est au coeur du problème, tant les théories, dans la mesure où elles se fondent sur des modèles, sont elles-mêmes aussi des fictions. Ouvert à toutes les disciplines — sciences des modèles et de l’ingénieur, sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, philosophie, droit), histoire et théorie de l’art, de l’architecture et de la ville —, cette publication invite à mettre en perspective le motif de la maison intelligente (« maison » au sens générique du « chez soi », ce dernier pouvant relever du logement individuel comme du logement collectif), et plus largement la « ville intelligente » (« smart city »), tant la rue, le quartier, les espaces publics sont aussi l’objet de l’« habité ». Le questionnement s’articulera autour de deux axes de réflexion étroitement connectés l’un à l’autre, et l’un comme l’autre irrigués par la question de la représentation.

1. Modèles : Quel est l’impact du « tout numérique » sur la manière de concevoir l’architecture de demain ? La modélisation et la maquette numérique vont-elles réduire l’écart entre le monde actuel construit et le monde virtuel modélisé ? Quelle place à l’invention ou à la créativité architecturales dans un univers assisté par ordinateur ? La connectivité influe-t-elle sur la manière de concevoir l’espace architectural ? Du bâtiment intelligent à la ville intelligente, comment une « tour de contrôle numérique » gérerait-elle la ville future ? Comment adapter les modèles utilisés dans les processus de gestion des connaissances et / ou l'apprentissage organisationnel pour mesurer la gestion de connaissances et les interaction entre les membres du groupe/société connectée?

2. Pratiques : Quelle place pour les « pratiques d’espace » ou « l’invention du quotidien » (M. De Certeau) dans une maison connectée ? Quelles conceptions sousjacentes des habitants, de leurs relations aux objets, de leurs relations à eux-mêmes et à autrui dans un univers connecté ? Dans un monde de capteurs, qu’advient-il de la vie privée ? De l’intimité ? Des relations entre privé et public ? Du « chez-soi » ? Comment la relation à l’espace et les gestes du quotidien — les « techniques du corps » (M. Mauss) — se formulent-ils dans un tel espace ? Comment accompagner ces innovations et faire en sorte que les questions éthiques constituent un guide utile pour le chercheur ? Ce dernier a-t-il sa place aux côtés de l’expert ?

 

Bibliographie

• M. De Certeau, l’invention du quotidien, Gallimard, 1980

• M. Mauss, les « techniques du corps », Journal de Psychologie, XXXII, ne, 3-4, 15 mars - 15 avril 1936. Archives de Sciences Sociales des Religions, Année 1992 80pp. 249-250

• X. Guchet, « Les technosciences : essai de définition », Philonsorbonne, 5 | 2011, 83-95.

 

Calendrier prévisionnel

• Octobre 2018 : publication de l’appel à contributions

• 20 décembre 2018 : limite de réception des articles

• 12 Février 2019 : retour aux auteurs des avis du comité scientifique

• 04 Mars 2019 : limite de remise de la part des auteurs

• 05 Avril 2019 : décision définitive de publication

• Juin 2019 : sortie (prévisionnelle) du numéro

Dépôt des contributions pour le 20 décembre 2018 au plus tard, en transmettant vos contributions par mail au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. selon le protocole de rédaction détaillé ci-dessous:

 

Pour être publiés, les textes soumis doivent se conformer au protocole et aux normes d’écriture détaillés de la façon suivante : http://revue-communication-management-eska.com/contribuer/normes-de-soumission).

L’évaluation sera assurée de manière anonyme par au moins deux lecteurs du comité de scientifique.

* La revue fait partie de la « Liste des revues qualifiantes du domaine Sciences de l’information et de la communication (SIC) »